Le Niger pourrait être la clé pour résoudre la crise des migrants. Mais…

C’est maintenant un fait. Emmanuel Macron ne veut pas entendre parler des migrants économiques. Comme si c’était facile, dans les ports italiens où les migrants arrivent par milliers, faire une distinction nette entre ceux qui ont risqué de crever à cause de la guerre ou de  la famine.

Macron imite Pilate, d’ailleurs on le savait, l’histoire le passionne: il s’en lave donc les mains. Que l’Italie se débrouille, peu importe que le système d’accueil s ‘écroule sous le nombre gigantesque de nouveaux arrivés, peu importe que des enfants non accompagnés soient happés par les mafias de trafic d’organes, peu importe que des jeunes gaillards africains soient recrutés par les « caporali » qui les réduisent en esclavage en les faisant travailler dans les champs de tomates pour 10 euros par jour. Peu importe que des femmes violées dans les camps d’internement libyen arrivent épuisées et enceintes de leurs agresseurs sur la côte ocre de Lampedusa. Macron est sourd. Et pourtant il aime la musique. Mais pas celle là.

Il n’aime pas surtout qu’on lui fasse remarquer que la route des migrants du Sahel passe désormais presque exclusivement par le Niger, état africain controlé en bonne partie par l’armée française:  Le carrefour d’Aguadez, Séguedine, et un fort colonial appelé Madame. Voici les étapes du flots de désespérés. Ils passent sous les yeux des militaires français tout le long de leur périple. Selon le quotidien Repubblica, en 2016, 291000 migrants ont transité par là, juste à coté de la gigantesque base militaire voulue par la République. Les trafiquants d’hommes ne craignent par l’armée française, car ils savent très bien qu’ils ne seront pas dérangés. D’ailleurs les soldats ne sont pas là pour ça. Le sort des migrants les indiffère. Leurs mission concernent la chasse aux djihadistes, ou encore, de protéger les mines d’uranium, source précieuse et indispensable au fonctionnement des centrales nucléaires d’Areva. On meurt très jeune dans les villages à coté de ces mines, au Niger. Par endroit, la durée de vie moyenne est 25 ans. Pire qu’au moyen âge pendant les épidémies de peste. Mais ça aussi, ce n’est pas le problème de l’armée française, ni de Macron.

Le ministre de l’Intérieur italien Marco Minniti a souligné, dans plusieurs discours, l’importance du contrôle des frontières au Niger pour limiter le trafic d’êtres humains au Sahel. En effet, depuis que la paix a été instaurée entre toubous et touareg, le trafic – qui financiait cette guerre interminable – a diminué. Mais le coeur du business des trafiquants d’hommes continue de battre au Niger.

Le Premier ministre italien Gentiloni voulait organiser une mission militaire pour aider les services de police de l’état africain à combattre les trafiquants. Mais Paris tient tête et continue de faire à sa manière.

Une initiative de ce genre aux couleurs de l’Union Européenne existe déjà au Niger, mais pour l’instant très peu a été fait. La voie du Niger, pour les trafiquants, reste libre.

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