Les ports italiens sont sous le choc. La Sicile ne peut plus faire face aux nouvelles arrivées, 5000 dans les dernières 48 heures.

Maintenant c’est au tour des ports de la Campanie et de la Calabre d’affronter les procédures d’identifications et les premiers secours aux trois mille migrants arrivés  cette nuit. A Corigliano, un petit village côtier de Calabre, le navire Aquarius de MSF a débarqué 99 femmes, dont 11 enceintes, 230 mineurs non accompagnés et 8 enfants en bas âge dont deux nouveaux nés d’à peine une semaine. Beaucoup de migrants ont besoin de soins immédiats: leurs corps présentent des brulures dues au mélange d’eau de mer et d’essence qui remplissait les fond des Zodiac utilisés pour la traversée.

A Salerne, 1216 migrants viennent de débarquer. Les médecins les ont pris en charge car nombreux parmi eux, présentaient des fractures et des blessures dues aux tortures infligées par les passeurs libyens. Ils viennent du Congo, du Nigeria, du Mali, du Ghana, du Soudan, du Sénégal, du Bangladesh, du Pakistan et du Cameroun.

Mardi dernier, le Ministre de l’Intérieur Marco Minniti devait partir pour les États Unis. Une série de rencontres avec des personnages importants de l’administration Trump était fixée pour les prochains jours. Pendant l’escale en Irlande, toutefois, l’avion a fait demi tour. Ce qui se passait en Méditerranée ne pouvait pas être ignoré,  il s’agissait d’une priorité absolue. Le Ministre a annoncé que l’Italie est sur le point de non retour. Il n’est simplement plus possible d’accueillir de nouveaux réfugiés.

L’ambassadeur italien à l’UE, Maurizio Massari, a ainsi annoncé au Commissaire pour l’Immigration Dimitris Avramopoulos, que « la limite des capacités d’accueil ont été atteintes ».

Ce n’est plus possible que toutes les embarcations déployées en Méditerranée pour le sauvetage des migrants aient par principe la permission de débarquer en Italie. « L’Union Européenne ne nous laisse pas de choix, je peux tout juste indiquer aux navires le port de débarquement, mais on est obligés de donner l’autorisation à tout le monde. Nos ports sont saturés. Dorénavant, si l’Europe ne prend pas d’actes concrets pour nous aider, l’Italie devra fermer les ports aux navires non italiens et non appartenants aux missions de sauvetage européennes. » L’Italie a fait face à 181.000 nouveaux arrivés en 2016 et 75.000 jusqu’à aujourd’hui, en 2017. Le gouvernement transalpin demande ainsi la « régionalisation » du programme Frontex: les navires des différents pays engagés dans les missions « search and rescue » devront transférer les migrants sauvés dans les port de leurs pays respectifs et non pas automatiquement en Italie. L’Europe acceptera-t-elle cette demande?

Effectivement, il n’est pas normal que les autorités italiennes aient du accepter le débarquement en Sicile d’une embarcation des garde-côtes maltais, avec 400 migrants à bord, alors que Malte même les avaient refoulés.

A propos de Malte d’ailleurs, un journaliste italien de La Stampa, Niccolò Zancan, a expliqué dans un très intéressant reportage que non seulement en 2017, l’archipel maltais n’a accueilli aucun migrant, mais que en plus, La Valletta est devenue le paradis fiscal pour les businessmen et les familles aisées libyennes.

Le journaliste ne fait pas d’allusions mais c’est quand même grotesque que le pays qui s’enrichit grâce à  la mafia de passeurs, trouve à Malte son abri financier.

Manne pour les uns, plaie pour les autres, face à ces chamboulements bibliques enclenchés par l’immigration massive, l’Union Européenne affiche parfois une indifférence troublante.  Depuis que le flux de migrants provenants des Balkans a été drastiquement réduit suite aux accord honteux avec la Turquie d’Erdogan, il ne reste que la Méditerranée pour fuir. Et l’Italie pour accueillir. Jusqu’à quand?

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