Emmanuel Macron est désormais le nouveau président de la France. Voilà donc qu’en Italie commence la chasse au « Macron italien ». Il s’agit d’un sport un peu provincial, mais très, très répandu dans le Bel Paese, car, lorsqu’il faut copier quelqu’un, les italiens sont champions toutes catégories confondues; ils deviennent les premiers de la classe, surtout en ce qui concerne la politique.

Une douzaine de millions d’Italiens a voté et soutenu un certain Matteo Renzi, qui, si on l’observe attentivement, a suivi un parcours politique et médiatique très proche de celui du nouveau président français.

Sa première phrase à effet fut « Tous à la casse! », adressée aux vieux dinosaures de la politique, aux cariatides d’une classe dirigeante dépassée par la réalité d’un monde en plein changement.

Parallèlement, « Révolution » est bien le titre du livre de Macron, écrit suite à sa rupture avec Hollande et avec le parti socialiste.

Le gouvernement Renzi et son équipe fidèle étaient formés par des jeunes, d’origines différentes. Le tentative, avortée , a été celle de reformer le pays et ses institutions. Les batailles les plus importantes étaient centrées sur le marché du travail, l’école, la recherche, la réforme du Sénat.

Bien évidemment il faut tenir compte des différences de caractère, des erreurs (que Macron n’a pas encore commis), de la personnalité de chacun, et de leurs respectifs niveaux culturels. Renzi est plus « politique », alors que Macron est plus « technocrate ». Mais comment ne pas voir leur point commun dans cette trajectoire qui vise à opposer un consensus transversal aux vieilles dynamiques de droite et de gauche? Comment ne pas remarquer cette même intention de redonner de l’orgueil et de l’espoir au pays, à se débarrasser des régimes spéciaux, des fauteuils inutiles, de cet éternel aptitude à jouer les victimes?

Le projet, discutable à souhait, est le même: rassembler les rangs des classes dirigeantes progressistes, baisser les impôts, s’allier à la haute finance, relancer la croissance économique, relancer l’Europe, battre les populistes, donner de la flexibilité au travail, s’ouvrir à la culture. D’un point de vue médiatique, Renzi et Macron ont aussi de remarquables points communs. Parmi ceux-ci, il y a la recherche acharnée d’un consensus qui appartient aux phénomènes de notre temps et qui a porté au sommet des personnages comme Trump ou Beppe Grillo.

Ce consensus arrive de la base, utilise le web et les réseaux sociaux pour se débarrasser de la vieille garde politique et pour mette au centre de la scène le leader seul dans toute sa puissance, dans son rôle de sauveur, avec toutes les limites que cela induit.

On réfléchit sur l’utilité des partis, sur la participation populaire au débat, sur une nouvelle façon de faire de la politique et en même temps on est sollicité sans cesse par le timing dictés par les médias et par les réseaux sociaux, les nouveaux leaders sont prisonniers de cette vitesse et doivent apparaitre charismatiques. Trouvera -t-on un équilibre pour cela?

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