Alors que l’Italie salue à l’unanimité le succès d’Emmanuel Macron au premier tour, quelques éditorialistes expriment leurs doutes

Fulvio Scaglione, ex vice-directeur de Famiglia Cristiana, hebdomadaire très populaire en Italie, pointe du doigt le candidat: au nom du business, il serait trop complaisant avec l’Arabie Saoudite et le terrorisme international pourrait y gagner. 

De Fulvio Scaglione, traduit par Eva Morletto. 

La longue saison de terrorisme, avec la dernière attaque en date sur les Champs Elysées à quelques jours du vote du premier tour des présidentielles, n’a pas pesé outre-mesure sur les choix des électeurs français. L’ « ogre » Marine Le Pen, a réalisée un score attendu, mais pas plus: elle défiera Emmanuel Macron avec ses 21,5% de votants , et, comme c’est arrivé à son père en 2002, elle sera « battue par les battus », qui feront converger leur votes sur Emmanuel Macron, déjà fier de ses 23,8%.

Ni l’Etat Islamique, ni les « loups solitaires » du terrorisme improvisé ont modifié la donne dans cette élection, qui en général a vu une affirmation des droites (Fillon, malgré les scandales, a obtenu un 19,9%) plutôt attendue après le désastreux mandat présidentiel du socialiste François Hollande.

Le terrorisme scientifiquement organisé et celui chaotique des exaltés de la dernière heure continuera toutefois à influencer la présidence et le comportement politique de la France. 

Ni Le Pen, ni Macron n’ont su en effet  développer une stratégie convaincante pour répondre à ces phénomènes. Marine Le Pen a demandé la fermeture des frontières nationales comme à l’époque pré-Schengen, elle a envisagé, sans trop de précisions sur la méthode à appliquer, procès et expulsions pour les fichiers S et, comme à son habitude, a souhaité un plus grand nombre des policiers et de militaires dans les rues.

Emmanuel Macron, quant à lui, a été encore plus vague: il envisage d’embaucher 10.000 policiers supplémentaires et de recréer la police de proximité abolie par Nicolas Sarkozy, il s’est dit aussi contraire au retrait de la nationalité française proposé il y a quelques mois par le gouvernement Hollande pour les citoyens (NDLT : binationaux) en contact avec les filières terroristes.

Du déjà vu, en somme, qui a pour conséquence de faire douter les électeurs. 

Car le terrorisme « improvisé » qui a frappé sur les Champs Elysées par exemple, est déjà efficacement traité par les forces de l’ordre et par  les services de renseignement, qui par ailleurs arrivent à déjouer des dizaines d’autres plans criminels de ces fanatiques. Certains parmi ces terroristes arrivent à leurs fins pour de simples raisons statistiques qui font qu’il est impossible de contrôler tous les suspects et d’arrêter tous les mal-intentionnés. 

Pour le terrorisme « scientifique », par contre, organisé par l’Etat Islamique, le discours est différent . Le problème ici, vient des comportements de politique étrangère et des alliances internationales. 

La France fait partie de la coalition internationale qui depuis trois ans, fait semblant de combattre l’EI en Iraq. Elle collabore avec une coalition guidée par l’Arabie Saoudite qui depuis deux ans, au Yemen, se rend responsable d’une guerre cruelle contre les rebels Houthi, en bombardant écoles et marchés, usant même de grenades à fragmentation fournies par l’armée des Etats-Unis.

Emmanuel Macron sera le prochain président mais on sait déjà quelque chose de lui. Il a été Ministre de l’Economie entre 2014 et 2016 et, dans ce rôle, a participé en 2015 à la visite d’Etat de la France (la troisième cette année-là), que le premier Valls organisa en Arabie Saoudite. 

Deux-cents entrepreneurs français étaient aux côtés des politiques et il en est ressorti un lot de contrats pour une valeur de dix milliards d’euros, comprenant la vente d’armements. 

Il faut dire aussi que E. Macron est devenu millionaire en exerçant le métier de banquier pour les Rothschild.

On peut donc le définir « centriste », « européen » ou comme on le souhaite, afin de le rendre plus sympathique mais en réalité, il ne faut pas oublier que Macron est l’homme de cette droite de la haute finance qui depuis des années, désormais, domine la politique européenne et qui, au nom de l’argent, a vendu l’âme du Vieux Continent.

Donc non, ça ne sera pas ce banquier venu à la politique qui fera changer la France de direction. Avec lui, la relation amoureuse entre la patrie de Voltaire et les pétro-monarchies du Golfe a des années devant elle. Ces mêmes pétro-monarchies qui inspirent, organisent et financent le terrorisme « scientifique », le vrai. 

Il ne faut donc s’attendre à rien de ce côté là. Le choix électoral Le Pen-Macron, malheureusement, ne permettra d’avoir aucun nouvelle importante et décisive à propos de la sécurité et de la lutte contre la terreur.

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