Les Pouilles se rebellent contre le Gazoduc azerbaïdjanais. La Trans-Adriatico Pipeline devrait emmener le gaz méthane depuis Bakou jusqu’en Italie. Depuis des mois desormais, la population locale se révolte face à une décision prise par le gouvernement italien qui parait sourd à toute protestation. Le gazoduc traversera en faite une des zones les plus touristiques de la région, près des magnifiques plages de San Foca. Environs 250 oliviers centenaires sont en train d’être déplacés pour le passage du conduit.

Lorsque le chantier a commencé son activité, les habitants des communes environnantes sont descendus dans la rue: émeutes, échanges animés avec la police, sit-in pour interrompre les travaux. Le gouverneur des Pouilles, Michele Emiliano est contre le projet lui aussi, il dénonce la politique agressive du gouvernement et de l’Union Européenne qui veulent faire avancer les travaux du gazoduc à tous prix. Mais pourquoi Rome et Bruxelles se comportent-ils ainsi? Le projet a été approuvé en 2014 par le Ministère de l’Environnement et en 2015 par le Ministère du Développement économique. Le gaz proviendrait du bassin de la Mer Caspienne, les gisements en question sont dans les mains d’un consortium géré en Azerbaïdjan par British Petroleum et non pas par Gazprom, ce qui réduirait la dependance de l’Europe en sources d’approvisionnement énergétiques russes.

Les mairies locales craignent de leur coté une baisse du tourisme. Ces dernières années, le Salento, la partie la plus au sud de la région des Pouilles a connu un incroyable essor du tourisme, particulièrement du tourisme étranger. Ses plages immaculées, ses champs infinis d’oliviers, ses villages blancs, ses villes baroques, ses « masserie » luxueuses et caractéristiques ont attiré les voyageurs de toute l’Europe.

Le chantier voulu par les hautes sphères de Bakou, de Rome  et de Bruxelles menace aujourd’hui ce tableau idyllique. A suivre…

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