Nous en avions déjà parlé ici, les médecins objecteurs qui refusent de pratiquer l’avortement thérapeutique en Italie – ou l’interruption de grossesse est pourtant acceptée par la loi, continuent à être de plus en plus nombreux. A tel point que la région Lazio avec le plein soutien de son gouverneur Nicola Zingaretti, a organisé un concours de médecins non objecteurs pour obtenir des postes à l’hôpital San Camillo de Rome, là où arrivent chaque jour les femmes qui ont été renvoyés des autres hôpitaux de la région, faute des médecins prêts à appliquer la loi et pratiquant l’IVG.

L’Italie vit un problème de « désertification médical » en ce qui concerne la possibilité pour les femmes d’avoir recours à l’avortement. De plus en plus de gynécologues refusent de le pratiquer. Les lois s’avèrent contradictoires. Car si d’un coté la fameuse loi 194 garantit le droit à l’avortement, de l’autre coté l’objection de conscience avancée par des centaines de gynécologues est aussi protégée par la loi. Les résultats? Des régions entières où les femmes n’ont pas la possibilités d’avorter, notamment dans le sud du Pays (comme en Calabre ou au Molise où le taux de médecins objecteurs atteint 97%). L’organisation citoyenne Family Day (sorte de version italienne de la Manif pour tous) ainsi que bien évidemment l’Eglise ont durement attaqué la décision du gouverneur, en dénonçant une « incitation à l’avortement » refusée par Monsieur Zingaretti qui a répliqué tout simplement vouloir garantir le respect des lois en vigueur. Le ministre de la Santé Beatrice Lorenzin a pris ses distances avec le choix du gouverneur et a commenté l’affaire avec grande prudence: « Pour un concours, ce type de sélection entre médecins objecteur ou non objecteurs n’est pas prévu ». Tandis que les institutions hésitent sur les décisions à prendre, la santé et le futur de centaines des femmes italiennes est en jeu.

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