Une année sabbatique pour approfondir ses études dans une université étrangère: voilà la formule à succès que l’Union Européenne a mis en place il y a tout juste 30 ans. Ce soir, pour célébrer l’événement il y aura une grande fête à Paris, à l’Odeon au Théatre de l’Europe, puis ça sera au tour de Bruxelles de rendre hommage à cette initiative qui a fait profiter 3,5 millions d’étudiants d’une expérience capitale pour leurs parcours d’études et ensuite, pour leurs parcours professionnels.

Le mérite de la naissance d’Erasmus va, entre autres,  à deux Italiens, le turinois Domenico Lenarduzzi et la romaine Sofia Corradi. Procédons par ordre. Monsieur Lenarduzzi, fils d’un mineur italien émigré en Belgique, travaillait à la Direction des Affaires Sociales à Bruxelles et on lui doit le nom du projet, auquel il dédia toute son énergie.

L’idée d’un programme qui permettait la validation des titres universitaires entre universités européennes remonte toutefois aux années soixante, et se transforma en réalité grâce à l’obstination d’une italienne, la brillante Sofia Corradi, aujourd’hui 82 ans, ex professeur de droit à l’Université de Rome.

Le moteur de l’idée fut son indignation lorsque, de retour de New York, où elle avait obtenu un master à la Columbia University, Sofia Corradi tenta de le faire valider auprès de son université italienne. Cette dernière refusa: son titre d’étude n’avait aucune valeur dans son pays natal, il fallait se remettre sur les bancs et recommencer depuis le début. Madame Corradi s’est remise non seulement sur les bancs, mais elle a aussi terminé ses études avec les louanges des ses professeurs et est devenue rapidement consultante pour l’Associations des Recteurs universitaires italiens, enchaînant les responsabilités et les postes prestigieux, forte de son année d’expérience à l’étranger. Pendant ce temps, elle a  mené une bataille durant 18 années, en envoyant à tous les recteurs des antennes européennes des lettres qui invoquaient la nécessité d’assimilation entre titres obtenus dans les facultés des différents pays d’Europe. A l’indifférence des débuts, s’en est suivi un intérêt croissant. Nombreuses  universités se sont ralliées à son combat. Enfin, en mai 1987, le Conseil des Ministres à Bruxelles approuve la naissance du programme Erasmus. La vie de millions d’étudiants aurait changée, parfois pour un an, parfois pour toujours. Selon la Commission Européenne, un étudiant Erasmus sur quatre a rencontré son partenaire de vie lors de son séjour à l’étranger.

Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne et ex Ministre des Affaires étrangères du gouvernement Renzi, est un talent issu du programme Erasmus. Son séjour à Aix en Provence dans le cadre du programme d’échange universitaire s’était conclu avec la soutenance d’une thèse portant sur le rapport entre l’Islam et la politique.

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