L’année qui vient de se terminer a été riche en événements pour l’Italie, voici un résumé de ce qui s’est passé dans le « Bel Paese »:

Février:

Le cas « Giulio Regeni » éclate. Un jeune chercheur universitaire italien, Giulio Regeni, a été retrouvé mort dans une rue du Caire, le corps marqué par des signes de torture. L’Egypte parla d’un « accident de la route », puis d’un crime ordinaire faisant suite à une tentative de vol. Mais les légistes ne laissent pas de place au doute, Giulio a été torturé pendant plus d’une semaine, de façon méthodique, avant d’être tué. Les rapports entre l’Egypte et l’Italie se tendirent. En Italie, les modalités de l’homicide font penser à un  rôle joué par les services secrets égyptiens. Regeni avait était chargé par l’université de Cambridge de réaliser des recherches sur le monde syndical dans le pays africain. En décembre, l’enquête a révélé qu’un syndicaliste, Mohammed Abdallah, a dénoncé Giulio aux services secrets car « il posait trop des questions ». L’enquête suit son cours.

Mars:

Le 8 mars, Matteo Renzi rencontre à Venise François Hollande. A l’ordre du jour: la validation définitive pour la ligne à haute vitesse Turin-Lyon, objet de grande polémique en Italie depuis au moins dix ans . Autre sujet à l’ordre du jour, les rapports avec la Lybie. Le gouvernement italien appuie avec fermeté le gouvernement officiel formé à Tobrouk, loin de la capitale libyenne.

Avril:

Referendum sur l’autorisation de forages pétroliers sur la cote italienne. Malgré les efforts des associations environnementales, le referendum n’atteint pas le nombre de votants requis et reste sur un pallier de 32%, ce qui ne permet pas de valider le résultat, pourtant positif pour l’arrêt des projets d’exploitations pétrolières. Petite consolation pour le parc naturel des iles Tremiti, au large des Pouilles: la société irlandaise Petroceltic a tout de même renoncé à son projet de forage dans le parc. Le projet Tempa Rossa porté par Total, poursuit par contre son chemin, malgré les scandales et les obstacles.

Juin:

Les élections municipales portent au pouvoir deux jeunes représentantes du Mouvement 5 Etoiles de Beppe Grillo, à la mairie de deux grandes villes italiennes dont la capitale. Chiara Appendions devient maire de la ville de Turin, alors que Virginia Raggi est la nouvelle maire de Rome. A peine élue, cette dernière a été immédiatement cernée par les affaires de corruption: le responsable des ressources humaines de la commune a été arrêté. Récemment, l’adjointe chargée de l’environnement a quitté son poste suite à une mise en examen.

Mai:

Le 11 mai la loi « Cirinnà » du nom de son législateur, reconnait les unions civiles. L’Italie était, jusqu’en 2016, le dernier pays d’Europe occidentale à ne reconnaître aucun statut aux couples homosexuels. Après des mois de débats et d’oppositions, tant au sein de la classe politique qu’au sein même de la population, l’Italie a accepté de suivre la parcours déjà emprunté par ses voisins européens.

Juillet-aout:

Avec le beau temps, les voyages des migrants vers Lampedusa recommencent. Pendant ce temps, l’Union Européenne a signé un accord avec la Turquie pour contenir le flux de migrants, qui tentent par conséquence la « voie italienne » par milliers. Entre janvier et novembre 153.000 migrants ont débarqué sur les cotes du sud de l’Italie. 5000 migrants ont trouvé la mort dans la Méditerranée.

Aout:

Le 24 aout une secousse de 5,9 sur l’échelle Richter détruit la ville de Amatrice, dans l’Italie du centre, provoquant 298 victimes, ensevelies sous les décombres. Parmi les victimes, beaucoup d’enfants qui passaient les vacances d’été chez les grands parents alors que les parents travaillaient dans la capitale, à seulement une heure de route. Des dizaines de milliers de personnes passent aujourd’hui l’hiver dans des containers dans l’attente des reconstructions promises par le gouvernement.

Décembre:

Matteo Renzi annonce sa démission. Il ne sera plus President du Conseil. La décision arrive à la suite d’un référendum ayant massivement rejeté la réforme des institutions qu’il défendait. A sa place, l’ex Ministre des Affaires étrangers Paolo Gentiloni reconstitue une formation gouvernementale presque à l’identique.

A la fin de ce mois de décembre, l’Italie apparait sur la scène du terrorisme international. C’est à Sesto San Giovanni, près de Milan, que deux policiers tuent Anis Amri, le djihadiste responsable du massacre de Berlin. Le djihadiste aurait passé quelques heures dans la ville de Turin. Pourquoi? Avec qui? L’enquête est loin d’être close.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here