Anis Amri, 24 ans, tunisien, fait l’objet d’une traque depuis qu’il a été identifié comme le terroriste qui a lancé un camion contre le marché de Noël à Berlin. 100.000 euros sont offerts pour ceux qui pourront fournir des  renseignements capables d’amener à son arrestation.

Anis Amri n’était pas seulement connu par les services de renseignements allemand, il était connu surtout en Italie, où il avait débarqué en 2011 encore mineur.

Il était arrivé à Lampedusa avec des centaines d’autres migrants tunisiens, avec un casier déjà lourd (vols, actes de violence et de vandalisme) malgré son jeune âge. Sur l’ile italienne, il avait fait partie du groupe des jeunes tunisiens qui avaient mis le feu, en septembre 2011, au centre d’accueil des immigrés suite à la décision du gouvernement de rapatrier une partie des clandestins. Le centre avait été détruit, les migrants dormaient dans la rue, la tension entre ces derniers et les habitants était à son comble. Arrêté par les autorités de l’ile, Anis Amri a été transféré en prison, d’abord à Catane puis à Palerme où il a passé quatre ans en détention. L’Italie a ensuite demandé son expulsion mais la Tunisie…a refusé. En 2015 le criminel est arrivé à Berlin. Les services de renseignements locaux connaissaient à ce moment-là ses liens avec les milieux djihadistes. La Tunisie entretemps, avait encore une fois refusé la demande d’expulsion, portée cette fois par l’Allemagne, en soutenant qu’il ne s’agissait pas d’un citoyen tunisien. Mais aujourd’hui les autorités tunisiennes ont bien fourni au Ministère de l’intérieur allemand les documents demandés sur Amri. Sa dangerosité était connue quasi mondialement: le New York Times a bien confirmé que Amri faisait partie de la « no-fly liste » des Etats Unis.  Finalement il n’était pas un inconnu pour Tunis non plus, qui était parfaitement  au courant des liens d’Amri avec le groupe djihadiste local  Ansar Al Charia. Selon son frère Abdelkader Amri, interviewé d’ailleurs en Tunisie, Anis se serait radicalisé « dans les prisons italiennes ». De passage dans la prison de la ville de Enna, en Sicile, Anis Amri aurait fait partie d’un groupe théâtral organisé par les détenus, le collectif « Attori dentro », qui se rappelle aujourd’hui de lui comme quelqu’un d’extrêmement réservé et silencieux.

Parmi les victimes de l’attentat de Berlin figure une jeune italienne, Fabrizia Di Lorenzo, 31 ans, originaire de Sulmona dans les Abruzzes. Un autre italien, Giuseppe La Grassa, 34 ans, à Berlin pour fêter le premier anniversaire de noces avec sa femme Elisabetta, a été grièvement blessé au visage. Fabrizia,  qui affiche son visage espiègle en une des journaux italiens aujourd’hui, travaillait à Berlin et faisait partie de cette « génération Erasmus », ouverte aux cultures étrangères, heureuse d’être partie vivre dans une ville si cosmopolite. Cette même génération qui est tombée sous les balles dans les terrasses des cafés parisiens et dans la fosse du Bataclan.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here